Formation Logiciels libres à l’IREM


On a beau être convaincu de la nécessité d’utiliser les logiciels libres, convaincu du caractère mercantile et souvent malfaisant des concepteurs de logiciels propriétaires, une bonne piqûre de rappel s’avère régulièrement nécessaire.

Philippe Lacomme, enseignant-chercheur à l’ISIMA de Clermont-Ferrand, s’est chargé de réveiller notre système immunitaire lors de cette journée de formation à l’IREM.

Quelques points marquants de cette intervention :

1) Respecter et protéger les droits des auteurs

On se souvient souvent qu’il faut respecter les droits d’auteur ( même si parfois … ) on oublie toujours de faire respecter ses propres droits.

Penser à utiliser la GNU FDL ( Free Documentation Licence ) pour éviter le pillage de nos supports de cours mis en ligne.

2) Examen des licences propriétaires

Un bon moment de rigolade lorsque les utilisateurs de Microsoft que nous sommes tous ( même si on a du mal à le dire parfois… ) avouent n’avoir jamais lu le contrat de licence préalable à l’installation. Edifiant !

Exemples :

« Vous reconnaissez que le Produit n’est pas exempt d’erreurs et que nous vous avons fortement recommandé de sauvegarder régulièrement vos fichiers.

… et les ingénieurs support de Microsoft déploieront des efforts raisonnables et feront appel à toutes leurs compétences pour résoudre tout problème soumis.

Microsoft et ses fournisseurs ne pourront en aucun cas être tenus responsables de tous dommages de quelque nature que ce soit (notamment les pertes de bénéfices commerciaux, interruptions d’activité, pertes d’informations commerciales ou toute autre perte pécuniaire) résultant de l’utilisation ou de l’impossibilité d’utiliser le Produit, même si Microsoft a été prévenue de l’éventualité de tels dommages.

Le Logiciel n’est pas vendu mais concédé sous licence. »

( Licence de Microsoft Word )

Un logiciel propriétaire : ça marche mal, c’est contractuel ; et si cela nous cause des soucis plus ou moins grave ce n’est pas de la faute du concepteur mais de l’utilisateur final qui a accepté la licence. Comble du comble, le logiciel qui nous cause tant de difficultés n’est même pas à nous !

3) Notre responsabilité d’enseignant

Nous avons tous un jour ou l’autre utilisé une copie illégale d’un logiciel propriétaire. Ce n’est pas un acte anodin.

Tout d’abord en examinant le contenu exact d’un fichier Word même très simple, on constate que le nom du propriétaire du logiciel est directement lisible. On peut légitimement se demander si la clef d’activation du produit et bien d’autres choses sont accessibles dans ce fichier. Mettre un tel fichier à la disposition de nos élèves ou du reste du monde par internet nous expose donc à des poursuites…

La seconde responsabilité est d’un autre ordre.

Microsoft, en imposant son système d’exploitation sur les ordinateurs individuels, en pratiquant une politique de prix « cadeaux » en direction du monde éducatif ( Licence Education ) ou encore en équipant gratuitement, sous des prétextes humanitaires, une Afrique qui ne demande qu’à se développer, ne vise qu’un objectif : maintenir son monopole sur la micro-informatique. Les enfants formés gratuitement au MSWorld deviendront demain des décideurs qui rembourseront au prix fort leurs choix d’équipements informatiques ( Licence pour entreprise vs Licence éducation )

Il est donc essentiel que nous éduquions dans le sens de la liberté.

4) Le logiciel propriétaire est peut-être dangereux.

Cette phrase peut faire bondir. Encore cette paranoïa, on nous cache tout, on nous dit rien.

Sachons raison garder.

Cependant quand un enseignant-chercheur de l’ISIMA, maître de conférence, effectuant des recherches entre autre pour le CNRS, nous affirme très simplement que « personne ne sait si un logiciel propriétaire tel MS #@& contient des portes cachées ou du code malveillant » … on frissonne.

On se demande en effet comment une entreprise comme Microsoft peut prétendre encore dominer l’immensité du code source de son programme. Peut-elle se porter garante de chacun des ingénieurs seuls autorisés à connaître le code ? Un loup dans la bergerie ??? Plusieurs ??? Personne ne le saura, le code source n’est pas disponible à l’immense communauté des programmeurs !

Ces propos sont aussi ceux de RMS, Richard Stallman, le gourou visionnaire du logiciel libre. Vous trouverez quelques uns de ces arguments sur le site badvista.fsf.org.

Nous terminons cette matinée par une de ses conférence donnée en avril 2007 à l’ENST. A retrouver ici.

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